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Fruits et légumes
Marché local : au feu !

Un marché sans suffisamment de contrôle amène à des situations
que consommateurs et associations réunies dénoncent depuis des
mois. La création de la coordination nationale de lutte contre le coût de
la vie exprime le ‘’ras-le-bol’’ de la population. Nizar Baraka, ministre
chargé des affaires économiques et générales s’était même indigné à l’époque, soulignant que la Loi 06-99, ne donne pas aux commerçants la liberté d’augmenter leurs prix.

De fait, des contrôles ont été effectués depuis le précédent Ramadan par la Direction des Prix et de la Concurrence,
mais sans réussir à endiguer le mouvement régulier des hausses.

L’intervention il y a quelques mois de Mounia Boucetta, directrice du Commerce intérieur au Ministère de
l’Industrie dans les colonnes de l’un de nos quotidiens nationaux, avait été extrêmement claire en théorie, plutôt
rassurante même quant au projet de «restructuration des marchés de gros ».

 

Mais, comme souvent, les paroles s’envolent et les actions tardent à se mettre en place. Car mis
à part les contrôles annoncés par les services concernés, il a surtout été question de campagnes de sensibilisation, qui n’ont en fait sensibilisé que les consommateurs, qui le sont déjà suffisamment.
Concernant les prix
exorbitants des fruits et légumes en mars et avril, à l’exemple des tomates ou des courgettes à 20dh/Kg, les opérateurs des marchés interrogés
n’ont pu évoquer que le froid, l’eau et maints autres problèmes.

Mais le fond du problème justement (mis à part les difficultés climatiques)
se situe bien en delà des marchés de gros ou même des revendeurs
qui, pour la plupart, font des marges normales.

Comment accepter par exemple que les prix entre les producteurs
et le marché de gros soient parfois multipliés par 4,5, 6 fois par des
intermédiaires (souvent plusieurs entre le producteur et le marché de gros) qui achètent « bord champs » à des


 

producteurs spoliés de leur travail et qui restent année après année, campagne après campagne, sans aucune possibilité d’évolution
personnelle, et dont la situation financière critique, menace le
fonctionnement au départ d’une filière et notamment les fournisseurs d’intrants.

Les circonstances particulières de cette campagne, soulèvent une fois encore, la problématique du manque d’organisation au niveau des circuits
de commercialisation et
l’absence de régulation
des prix du marché,
de façon à protéger les
intérêts de producteurs
sans oublier ceux des
consommateurs.

 

 


Gérard Couvreur
Directeur de publication

 
Agriculture du Maghreb, 22 bis, rue des Asphodèles - Résidence Zakia - Beauséjour - Hay Hassani - 20200 Casablanca